samedi, 21 juillet 2007
Gardiens de phare, les derniers des mohicans
On n'arrête pas le progrès à terre comme en mer et depuis plusieurs années les gardiens quittent les phares (même les plus mythiques comme le phare d'Ar Men posé sur le dernier caillou, celui le plus à l'ouest de France, au bout de la chaussée de Sein) pour laisser place à « l'automatisation ».
Néanmoins en 2007 il demeure 20 édifices français qui, sous leur lumière rassurante pour les marins, abritent encore une présence humaine. Ce qui représente 40 gardiens de phare toujours en activité pour la métropole. Comme pour les anchois: le gardien de phare est une espèce menacée mais par encore totalement éteinte (voir aussi le message du WWF ci-contre concernant la biodiversité) !
Parmi ces 20 phares « vivants », voici la liste des 7 derniers phares habités et posés sur des îles :
le phare de l’île Vierge
celui de l’île de Sein
celui de Chausey, en Manche
celui des Sept-Iles sur l’île aux Moines
le phare de Pen Men sur l’île de Groix
le phare de la Pointe des dames sur l’île de Noirmoutier
et celui de Cordouan en Gironde, qui est le dernier phare « en mer » avec un gardien [les autres phares listés ci-dessus sont situés sur des îles : une simple différence de taille du caillou].
Ce qui fait que ces phares restent habités ?
Souvent leur dimension touristique, savant dosage d'éloignement pour l’aventure mais pas trop pour les rotations de navettes … la plupart de ces phares étant ouverts aux visiteurs l'été. Le gardien de phare n'est donc plus si solitaire, du moins à la belle saison !
Les phares illustrent les évolutions de notre société
Si l’existence des phares ne se justifie plus autant par leur utilité maritime, ils restent néanmoins allumés pour quelques temps encore mais pas de doute possible : les systèmes de navigation moderne auront raison de leurs lanternes et les feront disparaître tous. Ça fait drôle d’imaginer qu’un jour les plaisanciers passeront à côté de bâtiments fantômes parfois construits au péril de leurs vies par des hommes pour sauver d’autres hommes des dangers de la mer, … comme l'on passe aujourd'hui sur le chemin de nos vacances d'été à proximité de ruines de châteaux autrefois lieu d'ultime refuge, citadelles vitales, elles aussi devenues fantômes dont il ne subsiste outre la mémoire que quelques pans de murs ... les temps changent.
Nous n’en sommes pas encore là, les phares ne sont pas en train de s’éteindre mais de se vider de toute présence humaine. Et si de nos jours de très rares phares restent encore habités il faut être conscient qu'on le doit (temporairement ?) à un nouveau mode de vie : la fameuse et ici incontestable « société de loisirs ».
14:25 Publié dans 1. Regards sur la Mer | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : phare, mer
vendredi, 16 mars 2007
Question / réponse sur le tour du monde à la voile de Maud Fontenoy
Revenons sur l'arrivée de Maud Fontenoy et à travers un jeu de 3 questions simples, jetons un regard éclairé sur son projet "à contre courant".
Maud a t'elle fait le tour du monde ?
Oui et non.
Oui, Maud Fontenoy est parti d'un point du globe et elle y est revenue en faisant toujours cap à l'Ouest, traversant tous les méridiens. Pour le commun des mortels Maud a effectué un tour du monde.
Non, un tour du monde à la voile ne peut être comptabilisé par le WSSRC (World Sailing Speed Record Council) que si il remplit un certain nombre de critères dont 2 ne sont pas satisfaits par le périple de Maud (voir la règle 26.a). Maud n'a en effet pas traversé l'équateur et n'a pas non plus parcourue la distance minimale de 21 600 miles nautiques sur une "route théorique" sans tenir compte des inévitables zigzags quand on navigue contre les vents. Maud a relevé à son "compteur" une distance de 21 300 miles, en comptant les bords (nombreux) et les marches arrières (heureusement plus rares).
Maud a t'elle accomplit une performance sportive ?
Non.
Maud vient de passer 151 jours en mer pour aller de la Réunion à la Réunion, là où Jean-Luc Van Den Heede avec le même bateau avait en 2003 réalisé un "vrai" tour du monde contre les vents avec départ et retour à Ouessant en moins de temps (seulement 122 jours 14 heures et 3 minutes). Maud ne s'est jamais présentée comme une professionnelle de la compétition à la voile et ne brigue pas un record, fut-il féminin. Certes son démâtage lui aura valu une petite perte de temps (qu'on peut estimer au plus à 3 semaines) mais sa modeste moyenne est surtout due à un rythme de croisière.
Maud a t'elle accompli un exploit ?
Oui.
C'est incontestable et c'est d'ailleurs assez irritant de voir fleurir des commentaires de puristes qui depuis leur clavier avancent des arguments fallacieux (je cite : « elle s'est traînée / elle n'a pas fait un "vrai" tour du monde / elle en fait trop côté communication avec son sponsor l'Oréal », j'ai par exemple entendu dire à certaines langues perfides qui heureusement ne manquent pas d'humour que "Maud effectuait un crash test pour les nouveaux produits de beauté de la gamme"), bref ces extrémistes de la chose maritime ne veulent pas reconnaître à Maud la valeur pourtant réelle de son exploit.
En tous cas en ce qui me concerne, j'applaudis des 2 mains l'aventure de Maud mais aussi la couverture multimédia remarquablement assurée par WindReport qui m'a permis de vibrer tous les jeudis à l'écoute de la vacation hebdomadaire de la miss et de prendre la pleine mesure de ce qu'elle a accompli.
18:25 Publié dans 1. Regards sur la Mer | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Tour du monde, voile, mer, bateau
vendredi, 02 mars 2007
La mer impose une vigilance de tous les instants
Les skippers sur le point de gagner des courses à la voile, lorsqu'ils sont interrogés par les journalistes peu de temps avant leur arrivée le répètent à foison "non, rien n'est fait, tout peut arriver tant que la ligne n'est pas franchi".
Les exemples sont effectivement nombreux de "courses gagnées" qui se terminent mal. Le cas le plus célèbre étant certainement le chavirage survenu à Stève Ravussin lors de la Route du Rhum 2002. Après avoir échappé à l'hécatombe, Stève avait une confortable avance sur ses poursuivants mais à une journée de l'arrivée et de la victoire tant promise, le trimaran de Stève avait chaviré emporté par son gennaker.
La fortune de mer de Stève est édifiante "J'avais moins de 15 noeuds de vent, j'étais sous gennaker et un ris, lorsque je suis allé me reposer" ... elle nous rappelle qu'en mer rien n'est jamais gagné d'avance, que la vigilance du marin, fut-il fatigué, ne doit pas retomber avant l'arrivée au port même et surtout lorsque les éléments semblent favorables. L'actualité maritime se charge elle aussi régulièrement de nous rappeler cette cruelle vérité. Voici 3 exemples récents valables dans 3 activités nautiques différentes : voile, kayak, aviron.
La médiatique Maud Fontenoy, alors qu'elle venait de passer le dernier des 3 caps de son (petit ?) tour du monde à l'envers, qu'enfin elle retrouvait le soleil tant chéri et que des vents portants s'annonçaient ... patatras Maud prend son mât sur la tête !
Plus cruelle encore est la fin d'Andrew McAuley, un aventurier qui traversait en kayak la mer de Tasmanie (1600 km entre la Nouvelle Zélande et la Tasmanie) et qui au dernier jour de sa traversée d'un mois a vraisemblablement commis l'erreur, devant la clémence des éléments ... de se reposer sans "fermer" son kayak. La kayak a été retrouvé vide. Un court reportage en anglais, illustré d'images poignantes (on y voit le capot qui aurait coûté la vie à Andrew) est visible ici. [via lekayaketlamer.com]
Et je n'oublie pas dans ce tableau la mésaventure survenue à Emmanuel Coindre, grand favori de la course Rames Guyane, large leader depuis le départ, jusqu'au moment où par excès de confiance, il ramait avec les capots de ses cabines ouverts ... une vague plus grosse que les autres le fait chavirer. Le bateau se rempli d'eau et devient impossible à retourner alors que c'est une opération qu'Emmanuel avait réalisé à 17 reprises dans une précédente traversée (le Pacifique Nord à l'aviron en 2005), sur une autre embarcation il est vrai. Emmanuel doit se résoudre à appeler les secours et sera récupéré par un navire de la marine nationale.
Voilà des exemples récents, d'aventuriers, de marins expérimentés dans 3 domaines distincts, qui se sont fait surprendre par la mer, relâchant leur attention alors que le port, la ligne d'arrivée, la victoire était juste là en vue ... à portée de main. La mer reste un milieu "contre-nature" pour l'être humain, sur l'eau la vigilance est de mise, c'est un état d'esprit permanent, pour le coup c'est la seconde nature du marin. En mer plus qu'ailleurs prudence est mère de vertu. La pression ne devant retomber qu'une fois amarré au port ... le temps de laisser monter une autre pression cette fois, celle qui est le plus souvent dorée avec des bulles ...
13:30 Publié dans 1. Regards sur la Mer | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : mer, voile, danger, actualité maritime, sports nautiques
mardi, 09 janvier 2007
Rames Guyane ... leçons de mer
Pour ceux qui fréquentent un peu la mer, voici quelques enseignements à tirer de "l'aventure" Rames Guyane, cette traversée de l'Atlantique à la rame en solo; une course peu médiatisée mais qu'il était possible de suivre grâce au net (sur RFI, sur sailingnews.tv ou encore sur les sites Internet des concurrents).
La pression (pas celle que les marins boivent au bar !)
La pression au départ (1) a bien faillit transformer cette grande première et belle aventure en une tragédie avant même la première 1/2 journée avec un passage en force de la barre de Saint-Louis du Sénégal (vent du large + houle "résiduelle" contre 4 noeuds de courant = grosse barre, les pêcheurs locaux ne s'y serraient pas risqué !). Les organisateurs ont été à 2 doigts de re-tenter le diable mais ont finalement sagement renoncés à une arrivée sur les plages de Guyane frangées de leurs gros rouleaux privilégiant une arrivée plus conventionnelle, au port.
Leçon n°1 : la mer possède ses raisons que les obligations que les humains se créent ont trop souvent tendance à ignorer.
La chute du grand favori
Emmanuel Coindre donné grand favoris au départ, confortable leader jusqu'au moment où ... par excès de confiance ? (plusieurs records à la rame à son actif), une vague plus grosse que les autres a entraîné son chavirage. Ses panneaux de pont étaient ouverts, le bateau s'est rempli : impossible de redresser le frêle esquif.
Leçon n°2 : en mer l'expérience est un faux ami. Pour tous les marins, débutants comme confirmés, sur l'eau la prudence est mère de toutes les vertus.
Etat de la mer
Romain Verger, brillant vainqueur grâce à une option par le sud aidé de ses routeurs, a rencontré lors de son parcours au ras de l'eau et au pas du marcheur :
. sur le plateau continental africain : des milliers de poissons morts rejettés par les bateaux de pêche industrielle (2)
. au beau milieu de l'Atlantique : un pare-chocs de voiture flottant à la surface de l'océan
. s'est fait très peur à plusieurs reprises en route de collision avec des cargos lancés à 25 noeuds qui manifestement n'effectuaient pas de veille radar (certain navigant même radar éteint puisque l'active écho de Romain, pourtant en parfait état de marche, n'a détecté aucun radar en fonctionnement à proximité !).
Leçon n°3 : 1. la mer se transforme en immense poubelle et 2. l'homme est parfois le pire danger pour l'homme.
Une prise de conscience de ces 2 dernières affirmations serait salutaire pour que, à l'échelle de notre petite planète terre, nous ne devenions pas nos propres fossoyeurs.
___
(1) un peu de présence des officiels -les huiles sont venues exprès et sont là aujourd'hui seulement !-, la fierté de l'organisation -"on tient nos engagements"-, ajoutez l'impatience d’y aller des concurrents et vous obtenez un savant mélange nommé pression … à déguster chaud.
(2) phrase "politiquement correcte" : c'est le bateau qui pêche et rejette à la mer des milliers de poissons morts et en aucun cas les êtres humains qui sont à son bord ! Imaginez les dégâts collatéraux que peut causer un chalutier géant comme l'Atlantic Dawn qui a une capacité de capture de l'ordre de 350 à 400 tonnes de poisson / jour (144m de long servi par un équipage de 61 personnes) : il pêche tout mais il ne "transforme" que certaines espèces ...
13:45 Publié dans 1. Regards sur la Mer | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : mer, Atlantique, leçon, navigation, pollution
mardi, 19 décembre 2006
La photo de mer de la semaine
Nautilus est un excellent magazine maritime tendance nature, sciences et environnement dont le rédacteur en chef (et l'unique journaliste !) est Christophe Agnus.
Pour faire connaître son magazine qui n'est disponible que sur Internet (ou en kiosque pour les rares et heureux habitants de l'Ouest de la France), Christophe a décidé d'offrir gratuitement et à qui le veut tous les lundis, une photo de mer pour "bien commencer la semaine".
Je me suis abonné à cette "newsletter", parmi d'autres, il y a quelques temps ... et j'avoue le plus souvent la regarder distraitement cette photo de mer hebdomadaire, elle qui arrive mélangée au flot de messages qui m'assaillent quotidiennement. Mais lundi dernier cette photo (la 66ième quand même !) a pris un goût particulier car comme les lecteurs assidus de Liens de Mer le savent j'étais il y a peu encore sur l'eau pour 15 jours d'une belle parenthèse du côté de l'archipel des îles Canaries (d'ailleurs le carnet de bord de Tof relatant cet épisode est pour bientôt) et de retour à terre ... la mer me manque cruellement. Tombant à point nommé, cette photo de mer m'a fait un bien énorme en me permettant quelques instants de m'évader.
« Une seule photo et voilà que mes sens s'affolent, de ma mémoire encore toute fraîche surgissent couleurs et lumières de l'un des luxes de la plaisance sur l'eau : voir naître et disparaître le soleil dans la mer. »
Alors amoureux de la mer faites-vous plaisir ... inscrivez-vous, c'est par ici.
PS : Je ne garantis pas de coucher de soleil pour la photo de mer de la semaine prochaine ;-) ...
PPS : Qui sait ? J'envoi une ou 2 de mes photos de mer à Christophe Agnus, peut-être y trouvera t'il son bonheur pour une prochaine édition de sa newsletter. Chiche !?
19:10 Publié dans 1. Regards sur la Mer | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : mer, photo, nautilus, plaisance
vendredi, 06 octobre 2006
Plaisirs de mer
Pour s'échapper de la grisaille de l'hiver qui approche à grands pas ... je vous propose une petite virée poétique au bord de l'eau dans la lignée des souvenirs de mer ... ah que c'était bon les vacances !
Après le repas de midi : se tourner vers la fenêtre, poser ses yeux sur la mer, interroger du regard son tapis de diamants : j'y vais, j'y vais pas ?
Plaisir préliminaire : sortir sur la terrasse, se laisser envelopper par le vent, frissonner sous ses caresses ... un bien doux présage.
C'est décidé j'y vais ! Enjamber le vélo et se laisser glisser l'esprit libre jusqu'à la cale.
Au bord de l'eau et de ses promesses, s'appliquer à gréer, l'attention gentiment détournée par le ballet des équipages déjà sur l'eau ...
Et c'est parti pour un après-midi de voile ... immergé dans un autre monde, celui de la mer et du vent ... à voir défiler le long des plages tirées par des avions silencieux des banderoles publicitaires ... à l'envers !
[Pour être exacte, dans ce flot d'émotions agréables il faut intercaler une petite séquence douloureuse : l'habillage où la combinaison un peu trop ajustée joue le rôle du faux ami pour vous rappeler avec sadisme ... que le temps passe !]
19:10 Publié dans 1. Regards sur la Mer | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : poésie, mer, voile
lundi, 25 septembre 2006
Second souvenir de mer, photo exclusive
Pour ce second souvenir de mer personnel, voici comme promis, rien moins qu'un scoop ... une exclusivité Liens de Mer : la première sortie dans la brise du tout nouveau tout beau trimaran géant Groupama 3 dit aussi GroupamaX ou Adidas (... à cause de sa décoration aux 3 bandes) mais cela reste entre nous car la com' de Groupama n'aime pas trop ces appellations "non contrôlées".
Photo prise le lundi 31 juillet 2006, lors d'une journée d'été comme il en existe parfois en Bretagne ;-) : un temps à ne pas mettre tous les plaisanciers dehors. Au premier plan le ketch Alliance à l'origine de mon amour pour la mer et le tout petit point vert barré de rouge à l'horizon c'est Groupama 3 (vous ne me croyez pas ? Jouez du zoom).
23:10 Publié dans 1. Regards sur la Mer | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : mer, trimaran, bretagne
mercredi, 13 septembre 2006
Immigration : plus qu'un Eldorado, l'Europe est une île
En ce moment l'immigration clandestine bat des records. Nombre de candidats à l'exil sont issus du continent africain et qu'ils essayent de joindre les Canaries, l'île italienne de Lampedusa ou le sud de l'Espagne ... pour eux l'Europe est avant tout une île qu'il faut atteindre par la mer. D'où des histoires qui font tragiquement l'actualité et pas seulement l'actualité maritime mais l'actualité internationale.
Histoire d'une traversée depuis Saint-Louis au Sénégal (reconstitution Liens de Mer)
Le poisson est rare, le pêcheur se laisse tenter par une nouvelle activité beaucoup plus lucrative : devenir "passeur". Les hommes dans la force de l'âge regardent vers l'Europe car ici, le chômage atteint des sommets. Voilà 2 ingrédients de base à cette histoire.
Entre en scène les nouvelles technologies : le téléphone portable sonne, c'est très commode pour se donner RDV sur la plage à la dernière minute après s'être délesté de toutes ses économies voire de celles de sa famille entière. Embarquement sur une petite pirogue, pour rejoindre une plus grande pirogue (la désormais tristement célèbre cayucos) postée au large où s'entassent plus de 100 personnes. A bord : quelques jeunes gens qui disent connaître la mer et à qui le passeur "offre" la traversée, et fournit dans le meilleur des cas un GPS. Le passeur lui reste discret, traditionnellement les pirogues sont colorées mais elles ne possèdent pas de nom ... cela pourrait porter malheur. Beaucoup de passagers découvrent pour la première fois la mer, cette grande étendue d'eau, posée là entre 2 mondes celui d'hier à l'avenir bouché et celui de demain aux nombreuses promesses. Mais pour l'instant : horizon liquide à perte de vue, une promiscuité insoutenable, une alimentation laissant à désirer. A ces très mauvaises conditions de vie à bord, s'ajoutent l'appréhension face à cette inconnue qu'est la mer et la conscience diffuse des risques inhérents à toute navigation.
Si vous avez la chance d'arriver en face sur une île des Canaries l'astuce consiste à ne rien dire, rester muet comme une tombe, ainsi vous ne retournerez pas "au pays" (certains Etats africains ont signé des accords permettant de rapatrier leurs ressortissants d'autres pas, si vous ne dites rien vous aurez le bénéfice du doute). Au mieux après quelques dizaines de jours de détention, vous prenez l'avion et c'est les portes de l'Espagne qui s'ouvrent à vous avec ses petits boulots au noir tout particulièrement dans le ramassage des fruits et légumes, gros consommateur en main d'oeuvre peu qualifiée. Lecteurs de Liens de Mer, pensez-y quand vous dégustez tomates et autres pastèques espagnoles ...
Et demain, ces histoires de mer feront-elles encore la Une ?
Oui et non.
Non, dans l'immédiat il va y avoir une "pause" dans les mouvements migratoires pour cause de belle saison qui touche à sa fin. Ce qui explique d'ailleurs que les records d'affluence aient été battus ces derniers jours : avec l'arrivée de l'automne, pour nombre de candidats au départ c'est la dernière chance de traverser avant plusieurs mois. Bientôt la porte naturelle qu'est la mer va encore se fermer d'avantage et ... les autorités pourront effectuer leur terrible bilan définitif bien qu'approximatif pour cette année 2006 : le nombre d'immigrés arrivés sur les îles de l'archipel des Canaries tourne à ce jour autour de 20 000 pour l'année 2006, soit 4 fois plus que l'année dernière. Ce chiffre ne tient bien-sûr pas compte des cadavres retrouvés sur les côtes de part et d'autre ni du nombre de disparus à la suite de naufrages.
Mais oui nous en reparlerons de cette immigration clandestine pour cause de campagne électorale française, par "procuration" en quelle sorte ... car on sait combien le débat de l'immigration passionne, d'autant qu'il est le cheval de bataille de certains candidats à la plus haute responsabilité de l'Etat français.
14:05 Publié dans 1. Regards sur la Mer | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : océan, mer, traversée
vendredi, 28 juillet 2006
Petite pause estivale
Chers lecteurs,
Liens de Mer va marquer une petite pause estivale dans sa traque permanente de l'actualité nautique.
Durant cette pause bien méritée, il va certainement se passer des tas de choses formidables sur l'eau comme par exemple dans la Solitaire du Figaro ou encore sur la course Mini Les Sables - Les Acores voire lors du record en solitaire autour des îles britanniques de Thomas Coville. Je ne serais pas en mesure de suivre ces évènements, alors si vous glanez des anecdotes savoureuses, des astuces techniques révolutionnaires ou tout autre information qui sort de l'ordinaire maritime pour les plaisanciers curieux et autres amoureux de la mer et de la voile que nous sommes, n'hésitez pas à poster un commentaire dans la rubrique appropriée (c'est le petit "+" dans la liste de gauche du site). Si vous fréquentez le site Liens de Mer régulièrement, vous avez dû comprendre le principe : un résumé de l'info un lien pour approfondir le sujet et hop tout le monde en profite ... je compte sur vous !
Au plaisir de vous lire, bon vent à tous.
PS : pour les perfectionnistes (dont je suis) qui auraient peur de commettre l'irréparable : il existe un site Liens de Mer de test où vous pouvez poster vos premiers commentaires et vous faire la main en toute tranquillité.
23:25 Publié dans 1. Regards sur la Mer | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : vacances, voile, mer, plaisance
Inside GroupamaX
Liens de Mer vous conseille fortement d'écouter l'émission Espace Océan d'Arielle Cassim enregistrée à l'occasion du baptême du Géant de Franck Cammas Groupama 3. On y apprend plein de choses (lire ci-dessous) et, ce qui ne gâche rien bien au contraire, la programmation musicale est très réussie voire entraînante !
L'émission débute par une interview extrêmement instructive de l'architecte naval Vincent Lauriot Prévost du cabinet Van Peteghem - Lauriot Prévost (VPLP pour les intimes) qui explique, dans la suite de l'article publié sur Liens de Mer en quoi un trimaran c'est mieux qu'un catamaran pour battre des records océaniques à la voile :
- plus de polyvalence
- plus de sécurité en mer
- et sur la plan structurel bien plus logique qu'un catamaran
... n'en jeter plus ;-).
Vincent explique aussi le pourquoi du choix d'une grande voile à corne [tous les voiliers modernes en sont dotés soit pour avoir une surface de grand-voile maximum pour une jauge données, soit à puissance égale pour permettre de raccourcir le mat et donc de favoriser la stabilité car le poids dans les hauts c'est pas ce qu'il se fait de mieux sur un bateau ... bref maintenant que les maîtres voiliers savent faire tenir la corne avec des lattes de folie, plus un seul voilier "prototype" - du mini 6,5 à une coque pour un homme seul au multi coques géant pour un équipage de 12 gaillards - ne saurait se passer de cette arme].
Enfin Vincent appelle de ses voeux, comme un certain Bruno Peyron, la confrontation des maxi tri et des maxi cata pour en avoir le coeur net dans cette rivalité presque séculaire !
Par ailleurs l'émission se termine avec un petit tour en mer où Franck Cammas explique tranquillement que
"lorsque que la coque centrale déjauge, la coque au vent, elle, monte à 10 m au dessus des flots 'en toute sécurité' " !!!
Bon aller puisqu'on est sur le sujet Groupama encore une info un peu folle : savez-vous (je l'ai vu sur "TV Groupama" ... ne me regardez pas comme cela ! Si si cette chaîne de télévision existe à vous de la trouver) que sur Groupama 2 avant chaque grand-prix (avant chaque journée de régate ?), le trimaran est arrosé du sommet du mat ou bout des bras de liaison avec une sorte de spray pour améliorer la pénétration dans l'air !!! Déjà que le bord de fuite des bras de liaison de l'engin à 3 coques sont prolongés par des "carénages" en tissu pour favoriser l'écoulement laminaire (c'est les sortes de bâches blanches marquées Groupama qu'il y a derrière chaque bras) ... bref avant les grands prix Groupama subit une préparation digne d'un avion de ligne avant son décollage par grand froid !!!
En complément, pour les personnes passionnées par le géant GroupamaX et qui viennent de dévorer cette note jusqu'au présent dernier paragraphe, mais qui ne sont pas des lecteurs assidûs de Liens de Mer; il existe une superbe vidéo qui permet de visiter l'intérieur de GroupamaX. Voir la vidéo. J'en avais parlé il y a quelques temps dans la rubrique "revue de presse" là.
07:00 Publié dans 1. Regards sur la Mer | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : voile, mer, radio











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