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mercredi, 19 mars 2008

La mer est un miroir : j'aime / j'aime pas

Plus que toutes autres photos, les images de mer m'attirent ... Voici 2 images vues sur la toile aujourd'hui qui m'inspirent des sentiments pour le moins contrastés. La mer est un miroir, le mien certainement (mon deuxième prénom est Narcisse) mais la mer est aussi le miroir de notre époque moderne.

 


Promotion du dernier né d'un chantier naval
spécialisé dans le motonautisme

Commençons par le sentiment d'horreur subtilement distillé par cette photo de promotion du moto-nautisme.


Pourquoi l'homme moderne devrait-il, jusque dans ses moments de loisir au plus près de la nature, abandonner son âme au dieu vitesse ? Par ailleurs voici une preuve confondante : dans notre société de consommation, la communication essaye trop souvent de nous faire prendre des vessies pour des lanternes. Regardez le couple assis à l'arrière du canote : ils doivent nager dans un bonheur ... "assourdissant" ! à en juger par la proximité des 3 moteurs hors-bord de 350 chevaux chacun (!) qui fonctionnent à pleins régimes. Souhaitons leur d'être dotés de bonnes boules Quies pour que l'illusion produite par l'image ne le soit pas au dépend de leur santé (1).

 


Maman les p'tits bateaux...

Maman les p'tits bateaux...

Voilà au contraire une image maritime qui distille le bonheur, le bonheur simple d'un jeu d'enfant. De beaux bateaux à voile et en bois qui ressemblent furieusement à des chaloupes sardinières (voir à des sinagots, ainsi nommés en raison de leurs origines : le petit port de Séné dans le golfe du Morbihan). Une photo qu'on pourrait qualifier de naïve si ce n'était la présence des casaques qui rappellent discrètement la dimension commerciale du jeu voire avec un peu d'imagination la compétition en sommeil : les voiles ne sont-elles pas numérotées ?


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Note
(1) j'avais déjà illustré une note avec une photo, à contre emploi, de "femme-objet". Une posture archi-classique pour promouvoir les bateaux de plaisance à moteur.

 

mardi, 18 mars 2008

Tof : escale au milieu de l'Atlantique


Checkspire au mouillage avant le grand saut
[quelque part dans un confetti d'îles
au milieu de l'Atlantique]

Tof m'a envoyé régulièrement ses derniers carnets de bord, mais faute de temps je n'ai pu les "traiter" (beurk! quel mot horrible pour désigner des écrits plein de vie, d'humour et d'humilité que je déguste à petites gorgées).

Heureusement pour les "groupies", les côtes brésiliennes étant bien dotées en cyber-cafés, Tof a pu lui-même mettre en ligne ces derniers carnets de bords sur son blog de voyage.

Pour les autres fans, l'heure est venue de rattraper votre retard grâce à Liens de Mer qui publie, en PDF comme à l'accoutumé, les aventures Cap Verdiennes du fier équipage. Viendront ensuite la traversée de l'Atlantique (en 2 parties) et le bilan car la fin de saison approche ...


Pour vous mettre l'eau à la bouche quelques extraits, à la Prévert, de ce carnet de bord.

L'école de voile
"A la cape : manœuvre dont l’objectif est de stopper le bateau en pleine mer. Il existe différentes sortes de capes, selon la taille de la toile que l’on porte à l’occasion. Sa mise en œuvre est étonnamment simple et le résultat est au-delà de ma compréhension."

La dure condition de capitaine
Tof reste à bord alors que "Olive et Daniel s’offrent une petite parenthèse au nord [de l'île de Santiago, ndlr] pour traverser l’intérieur et découvrir la baie de Tarrafal réputée pour sa plage et ses eaux claires". Une abnégation que Dany, bien malgré lui, rappelle cruellement lorsqu'il prend la plume : "Tarrafal [...] nous atterrissons en douceur devant un pastis glacé suivi d’un monumental poulet grillé. Nous nous promenons sur le bord de mer ... Enfin, on se sent en vacances".

Des hauts ...
Le haut c'est par exemple pouvoir contempler la nature dans son spectacle permanent : "Le lieu est impressionnant. La roche, volcanique et déchiquetée, découpe les vagues qui se jettent sur elle et tremble sous leurs assauts [...]. Chaque vague en embrassant les falaises comprime des poches d’air souterraines qui s’échappent à travers les multiples fissures de la roche. Dans cette étreinte amoureuse, j’entends la pierre inspirer et soupirer d’aise au rythme langoureux du va et vient de l’eau. Les pierres respirent, je les entends, les pierres sont vivantes et moi aussi puisque je les entends".

... et des bas
"Un soir à broyer du noir : une pièce élémentaire -et introuvable par ici- du moteur passée par-dessus bord, suivie un quart d’heure plus tard par le zodiac qui prend le large sans nous".

Les rencontres à l'escale
"On s’habitue à la poignée de main matinale et aux insultes nocturnes de l’ivrogne du chalutier qui nous sert de passerelle (le bateau, pas l’ivrogne !)".
L'équipage tisse des amitiés : "Tuniaka, notre guide-passe-partout-sauf-conduit qu’après une bonne semaine de galères partagées nous laisserons sur un serrement de cœur". Une rencontre qui donne lieu à un très beau portrait, un portrait d'une humanité à vous arracher une larme, je vous laisse le découvrir [pour les personnes pressées : RDV au bas de la page 4].

Un épisode complet à lire ici.