Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

« 2006-10 | Page d'accueil | 2006-12 »

samedi, 04 novembre 2006

Route du Rhum, l'arrivée se précise (pour les multis)


Lionel et Gitana XI ont imprimé un rythme
soutenu à la course laissant leurs
poursuivants loins derrière

Lionel Lemonchois en multicoque 60 pieds est en route pour pulvériser le record de l'épreuve détenu par Laurent Bourgnon. Quelques réflexions personnelles sur ce 'futur exploit', arrivée prévue lundi soit 1 semaine + 1 jour pour traverser l'Atlantique en solitaire et à la seule force du vent !



Une météo exceptionnellement favorable

Des vents portants sur l'essentiel du parcours, jamais plus de 35 noeuds établit, une mer pas trop cabossée propice à de longues glissades et pour couronner le tout une période de pleine lune, où l'on voit comme en plein jour, pour faciliter les manoeuvres de nuit.



Un record qui a du sens ... et ce n'est pas tous les jours !

Nos médias ont souvent pris l'habitude de comparer des choses incomparables (la formule 1 et les courses océaniques) ou de prendre de grands raccourcis ("Ellen MacArthur remporte la Route du Rhum 2002" !). Et bien là rien à redire : le parcours de Lionel Lemonchois sera en tout point identique à celui de Laurent Bourgnon, tour de l'île de la Guadeloupe compris; comme Laurent, Lionel aura été routé et n'aura pas fait d'escale technique et enfin il n'y aura pas de comparaisons hâtives possibles entre les classes : elles sont toutes parties à 13h02 dimanche dernier ! 

 


Une victoire sur
la Route du Rhum ?
une consécration pour
l'étonnante saga Gitana

Un drôle de couple skipper / armateur

La particularité de cette victoire réside dans l'improbable couple skipper / armateur. Je m'explique.
Un skipper inconnu du public qui navigue sur un bateau qui ne porte même pas le nom d'un sponsor en quête de reconnaissance sur le marché de la grande consommation ! Lionel Lemonchois n'est pas un courtisan / communiquant comme s'appliquent à l'être les dernières générations de skippers pour rendre la monnaie de leurs pièces à leurs sponsors (voir les trésors déployés, pour notre plus grand bonheur !, dans la com' par Franck Cammas, Thomas Coville ou Yvan Bourgnon voire Armel Le Cléac'h dans une autre classe). Le Baron Benjamin de Rothschild lui a conçu depuis quelques années une écurie de course presque 'anonyme' dans le respect de la tradition familiale suisse tous les bateaux "de Rothschild" se prénomment Gitana sans référence particulière à l'empire bancaire. Le baron est un armateur / propriétaire / navigant dans la plus pure tradition anglo-saxonne (cf l'America's Cup ou le circuit des maxi ...) avec une logique économique atypique qui tient plus du mécénat nautique que du sponsoring sportif.

Résumons : d'un côté un armateur qui fait figure d'exception dans le paysage maritime français en utilisant ses 'deniers personnels' pour assouvir sa passion, de l'autre côté un skipper qui apparaît un peu comme le dernier des Mohicans (c'est d'ailleurs le plus âgé parmi les skippers de trimaran 60 pieds engagés), le voilà le couple improbable de cette Route du Rhum victorieuse en classe ORMA.

 


Gitana, une écurie de course à la voile qui a les moyens


L'arrivée en Guadeloupe,
un tour de l'île médiatique
mais tordu pour les marins.
Heureusement le Gitana Team n'est
pas à cours de ressources !

Néanmoins si le couple skipper / armateur est improbable pour la victoire finale rien n'est laissé au hasard et surtout pas le scabreux tour de l'île juste avant de franchir la ligne d'arrivée. C'est paradoxal de la part du Baron qui clame haut et fort sa préférence pour la navigation en équipage sur ces voiliers à 3 pattes, et de constater combien il s'est piqué au jeu en moins de 10 jours et pour ne laisser échapper cette victoire à aucun prix, les moyens de toute l'écurie, voir plus, seront déployés, jugez vous-mêmes : 

"A Pointe-à-Pitre, l'équipe de Lionel Lemonchois lui mitonne une arrivée avec reconnaissance systématique des lieux et passage au tamis des conditions atmosphériques.

"On va répéter le scénario à H moins 24, voire H moins 48, promet Loïck Peyron. En Zodiac mais aussi en voiture depuis les hauteurs grâce à des observations aux jumelles, voire par moyens héliportés."

Extrait de l'article "Lionel Lemonchois garde son flegme à la barre de son multicoque" paru dans le Monde.

 


[Bon aller maintenant que la classe reine qui nous a tenu en haleine depuis une semaine au point d'éclipser complètement le reste de la course vient d'arriver, je vais pouvoir consacrer un peu de temps aux quelques 50 autres concurrents toujours en course et en particulier suivre la bagarre qui oppose 3 monocoques IMOCA.]